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Une première édition pleine de perspectives

Malgré les incertitudes liées au contexte sanitaire et météorologique, le Festival Plein champ s’est bien tenu le week-end des 25, 26 et 27 septembre dernier à Villetaneuse, au sein du jardin partagé et des nouvelles parcelles adjacentes, en cours de transformation écologique. Grâce à une équipe solide et déterminée, avec le concours du collectif d’habitant.e.s du jardin partagé, le festival a pu accueillir comme il se doit les nombreux.ses visiteurs, sur des espaces aménagés en un temps record.

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Nous profitons de ce communiqué pour remercier les personnes et les collectifs venus de toute l’Île de France et même de plus loin, d’avoir bravé le mauvais temps et d’avoir respecté avec sérieux les mesures de protections mises en place. Un grand merci également à toutes les personnes venues en renfort pendant le week-end pour assurer à nos côtés la tenue des activités et l’accueil du public. Sans elles, nous n’aurions pas pu tenir l’intégralité du programme ! Nous remercions également nos partenaires, la municipalité de Villetaneuse, les réseaux Terre d’avenir et Tandem de Plaine commune, l’association RER (Réseau d’échanges et de restauration), Les Lucioles du doc, le collectif audiovisuel Synaps, le collectif pour le Triangle de Gonesse, pour leurs précieux soutiens.

Aussi bien dans son contenu que dans son déroulement, ce festival aura été d’une intensité particulière, brassant des énergies de tous horizons et de tout âge, croisant des pratiques et des expériences multiples, autour de la thématique centrale de cette première édition : « les usages collectifs de la terre dans nos quartiers ». La richesse et la diversité de la programmation auront permis de décliner de nombreuses questions liées aux enjeux environnementaux dans le contexte des quartiers populaires, par le biais des ateliers pratiques, des discussions ouvertes et des projections de films, enrichissant les perspectives d’action en faveur d’une transformation écologique de nos villes.

Voir une sélection de photos du festival

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Ainsi, le premier jour du festival, le film de Florence Lazar, « Tu crois que la terre est chose morte », qui raconte les résistances en Martinique contre la pollution due à l’usage de la chlordécone dans les bananeraies, répondait à la table ronde « La terre et les luttes locales », où des collectifs et associations de Dijon (Collectif des Lentillères), Bagnolet (Bergerie des Malassis), Saint-Ouen (Jardins de Guinot), Gonesse (Collectif pour le Triangle de Gonesse) ont présenté leurs combats, souvent victorieux, et les stratégies employées pour installer durablement des projets d’agriculture urbaine, trop souvent condamnés à des existences provisoires et transitoires.

Voir l’album photos des tables rondes du festival

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La discussion autour du thème « L’urgence climatique et les quartiers populaires », suivie par de nombreux collectifs, a également permis d’esquisser les tenants d’une écologie sociale véritablement ancrée dans les réalités urbaines, à travers les récits croisés des expériences des un.e.s et des autres. Plus tard dans le festival, la discussion faisant suite à la projection du film de Marie Monique Robin sur un village en « transition écologique » en Alsace, interrogeait les mêmes enjeux, autour de la question « Qu’est-ce qu’on attend pour le faire aussi dans nos quartiers ? ». Alimentée par les films « La Jungle étroite », « Tante Hilda », ou encore « Wild Plants », et les ateliers de récoltes et de fabrication de bombes à graines, la séquence autour de l’usage de semences biologiques et de la sauvegarde de la biodiversité, animée notamment par Jean Luc Brault de Graines del Païs et les ami.e.s de l’association Pensez sauvage (Allier), avait auparavant permis de dresser les perspectives d’une autonomie semencière adaptée à nos territoires.

Voir l’album photo de l’atelier graines

Le festival a aussi été traversé par la thématique du « soin », au fil de la discussion « Manger et produire sain en banlieue » animée par Fatima Idhammou de l’association RER (Garges Sarcelles et Goussainville), et avec la participation de la Maison d’assistantes maternelles écologique Orge’Mômes (Epinay-sur-Seine) et du collectif Carma (pour la sauvegarde et le développement des terres agricoles de Gonesse), mais aussi à l’appui de l’atelier « Le jardinage comme pratique de soin » investi par de nombreux usagers de structures d’entraide et de soin comme les GEM de plusieurs villes du 93, ou encore autour du stand dédié aux plantes aromatiques et médicinales animé par Permapolis et Fun’Être sur L’Île.

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D’autres associations ont également enrichi le festival par leur présence au sein de l’espace ressources, à l’image de l’Ecole des abeilles (Villetaneuse), de l’Inutile utile (ressourcerie de Pierrefitte), du collectif du Ver Galant (Villetaneuse) avec sa grainothèque, venue compléter le stand de Pensez Sauvage, ou encore de l’Atelier vélo nomade. Les enfants, nombreux comme toujours quand il s’agit de convoquer la nature en ville, n’étaient pas en reste durant le festival, avec un espace dédié et animé par les spectacles d’Ahlam Slama et par des ateliers artisanaux et artistiques, donnant lieu à des fresques bucoliques et colorées, et à la confection d’hôtels à insectes et d’éponges artisanales. Quant à nos ventres affamés par tant d’activités, la Cantine des femmes battantes (Saint-Denis) nous a fait l’honneur de sa présence pour les grands repas des vendredi et samedi soir, régalant les festivalier.ère.s !

Voir l’album photos de l’espace enfants

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Comme une synthèse de l’ensemble des thématiques du festival, le week-end s’est clôturé avec la vélo projection, assurée par l’association Ciné-cyclo, d’un film documentaire sur le jardin partagé de Villetaneuse, dans lequel ses protagonistes démontrent l’importance d’ouvrir et de faire vivre ce genre d’espace dans nos quartiers. Après cette parenthèse foisonnante ouverte par le festival, chacun.e est ensuite reparti dans ses contrées, probablement (re)gonflé.e à bloc pour la suite de ce combat commun destiné à transformer nos vies et nos villes. Conformément à son objectif principal, le festival a ainsi permis de faire se rencontrer et dialoguer des expériences et approches multiples, souvent éloignées les unes des autres, afin de créer un espace de convergence et d’élaboration de perspectives partagées.

Une telle réussite pour cette première édition ne peut que nous encourager à poursuivre le travail entamé et à proposer d’ici quelques mois un nouveau festival, pour continuer à réfléchir et agir collectivement en faveur du développement de dynamiques, de pratiques et d’espaces collaboratifs véritablement écologiques, qui puissent inverser les conceptions dominantes de l’urbanité vouées à la bétonisation et l’isolement des populations. Le chemin est long mais déjà parsemé de nombreuses expériences en expansion, et la vague n’est pas prête de s’arrêter ! De notre côté, nous restons persuadé de la nécessité, mais aussi de notre pouvoir de transformer nos quartiers, à l’image des espaces sur lesquels le festival s’est déployé. D’ici la prochaine édition, chacun.e aura développé encore un peu plus ces dynamiques multiples et locales, chacun.e aura oeuvré pour nous libérer des illusions environnementales du moment et développer des cadres d’émancipation écologique et populaire, durables et conséquents. Il sera alors à nouveau passionnant de partager des points de vue et d’ouvrir cet espace d’échanges que constitue le Festival Plein champ, pour défricher les enjeux et les potentialités de toutes ces actions locales.

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