Édition 2025

Champs Ouverts 2026 : prendre soin de nos corps, de nos terres, de nos quartiers !

Du vendredi 18 au dimanche 20 septembre se tenait la 7e édition du festival Champs Ouverts à Villetaneuse. Trois jours pour prendre soin de nos corps, de nos terres et de nos quartiers, à travers des projections, des ateliers, des discussions, des balades, des repas partagés et des moments de convivialité. Difficile de restituer toute la richesse de ces trois journées, tant le jardin a été un lieu de vie, de transmission et de rencontres !

Cette année encore, l’association de l’Autre Champ et le collectif du Ver Galant ont imaginé un festival mêlant cinéma et agro-écologie urbaine, en concertation avec les habitant·es et les associations partenaires. Pour cette nouvelle édition, rebaptisée « Champs Ouverts », la programmation s’est articulée autour de trois grands droits fondamentaux : manger, se soigner et habiter dignement. Trois thématiques pour questionner les crises sociales, économiques et environnementales qui touchent particulièrement les quartiers populaires, mais aussi pour mettre en lumière les initiatives et les solidarités qui permettent de construire des alternatives concrètes.

Après l’installation du jardin et des différents espaces du festival, Champs Ouverts s’est ouvert au public le vendredi 18 septembre en fin d’après-midi avec une première journée consacrée à l’alimentation : « Contre la vie chère, une alimentation saine, locale et accessible ». Une entrée en matière placée sous le signe des savoir-faire populaires, des solidarités de quartier et des alternatives à un système agro-industriel qui appauvrit les producteur·ices, uniformise les goûts et pèse sur notre santé.

Dès l’ouverture, le jardin s’est animé avec la cuisine mobile anti-gaspi de VRAC. À travers des recettes simples, de saison et accessibles, l’atelier proposait de réfléchir concrètement à la manière de mieux manger tout en réduisant le gaspillage alimentaire. Pendant ce temps, dans l’espace chantier, petit·es et grand·es ont commencé la construction d’une giga cabane en bois destinée à devenir le nouvel espace des enfants, avec Aimé, éco-constructeur.

Du côté de l’espace loisirs, les enfants ont également pu partir à la découverte des plantes et des aromates avec l’atelier « Les condiments des explorateur·ices du vivant ! ». Entre cueillette, dégustation et création, ils et elles ont expérimenté les saveurs du jardin et fabriqué leurs propres mélanges. Une manière ludique de faire entrer les plus jeunes au cœur des thématiques du festival.

La discussion « Construire des réseaux communs locaux pour se réapproprier une alimentation de qualité » a ensuite permis de mettre en dialogue plusieurs expériences et initiatives du territoire. Avec Assata de l’association Kenesô et VRAC, A4, Commun Maïs et ATD Quart Monde, les échanges ont porté sur les manières de faire vivre des alternatives de solidarité alimentaire concrètes dans les quartiers populaires, pour rendre accessible une alimentation saine et culturellement diversifiée. La soirée s’est clôturé en douceur avec la projection en plein air d’Amélie et la métaphysique des tubes, de Liane-Cho Han et Maïlys Vallade.

Le samedi 19 septembre, changement de thématique avec une journée consacrée aux « Plantes médicinales en résistance ». Cette journée proposait de questionner l’appropriation des connaissances médicinales, de célébrer les héritages culturels et de réfléchir aux possibilités d’une santé paysanne, autonome, locale et collective. La journée a commencé par une balade botanique sur les berges de Seine à Épinay, à la découverte des plantes sauvages et de leurs différents usages, médicinaux ou comestibles. Avec Kenza, paysanne-herboriste en formation, les participant·es ont été invité·es à regarder autrement les espaces verts urbains, en les considérant comme des milieux vivants, nourriciers et qui soignent.

En parallèle, l’espace bien-être accueillait un atelier consacré à la naturopathie et aux usages des plantes en phytothérapie, tandis que deux courts métrages, La Flor que vive et The Leaves, invitaient à réfléchir aux relations entre plantes, transmission des savoirs et reconstruction. La projection était suivie d’une rencontre avec le réalisateur Hamid Jafari, venu d’Iran pour l’occasion.

L’après-midi s’est poursuivie avec un atelier consacré à la pharmacopée brésilienne et aux luttes contre la colonisation des savoirs. Avec Caro de l’association Manaca, les participant·es ont découvert une pharmacopée vivante et les savoirs préservés et transmis par les peuples autochtones, les communautés afro-brésiliennes, les erveiras et les benzedeiras.

Comme tout au long du week-end, les enfants avaient leur propre espace de découverte et de création. Le chantier de la cabane s’est poursuivi et l’atelier « Les super-pouvoirs des plantes et les petit·es aventurier·es ! » leur a permis de fabriquer un baume anti-bobos à base de calendula, de plantain et d’hélichryse, tout en découvrant les savoir-faire liés au soin par les plantes. La journée s’est poursuivie avec l’atelier « La cuisine comme remède : alimentation transculturelle et santé », animé par Kandas, un moment convivial de découvrir comment l’alimentation peut contribuer au bien-être et à la santé à travers les traditions culinaires transculturelles.

Le soir, nous avons pu regarder en plein air Douce France, de Geoffrey Couanon, qui suit Amina, Sami et Jennyfer, trois lycéen·nes du 93 enquêtant sur un projet de parc de loisirs menaçant des terres agricoles proches de chez eux. Une projection qui faisait directement écho aux questions de territoire, d’agriculture et de capacité à agir collectivement. La soirée s’est terminée avec la chorale Chœur de VNR, puis une observation nocturne des papillons dans le jardin, à la rencontre des autres-qu’humain·es qui peuplent le site.

Le dimanche 20 septembre, le festival s’est poursuivi autour d’une troisième question fondamentale : « Défendre le droit d’habiter dignement ». Depuis la Seine-Saint-Denis, cette journée proposait de questionner les conditions d’un habitat digne pour toutes et tous, face à la crise du logement et aux transformations urbaines qui redessinent nos lieux de vie. La journée a commencé tranquillement avec une séance de yoga ouverte à toutes et tous, avant de retrouver le jardin partagé autour d’un repas à prix libre préparé par Commun Maïs. Le chantier de la cabane a également repris, permettant aux enfants et aux adultes de poursuivre ensemble la construction de ce nouvel espace du festival. À la place du village, l’atelier « Comprendre sa facture d’énergie » proposait de décrypter les factures d’électricité et de gaz, de mieux comprendre ses consommations et d’identifier des moyens de réduire ses dépenses sans perdre en confort. Une approche très concrète des enjeux liés au logement et à la précarité énergétique, avec Plaine Énergie Citoyenne

Les projections ont également occupé une place centrale dans cette dernière journée. Chronique d’une terre volée, de Marie Dault, nous emmenait à Caracas à la rencontre des habitants du barrio « Brisas de la Santa Cruz » qui s’organisent pour obtenir la propriété de leurs terres. Puis A Lua Platz, de Jeremy Gravayat, racontait les trajectoires de familles roumaines en Seine-Saint-Denis, leurs luttes contre les expulsions et les solidarités habitantes construites au fil des années.
Entre les projections, l’espace création accueillait la reprise du « Petit manuel de la débrouille populaire », tandis que les enfants pouvaient participer à un atelier consacré aux mobilisations portées par des enfants ou encore partir à la découverte des oiseaux du quotidien avec l’atelier « Musique des oiseaux : découverte des appeaux ».

Les enfants ont été particulièrement au cœur de cette édition, avec un espace qui leur était dédié pendant tout le week-end, des jeux et activités, mais aussi le chantier collectif de la cabane en bois. Cette attention portée aux plus jeunes constituait cette année une thématique transversale du festival : faire du jardin un terrain d’aventure, d’apprentissage, d’émancipation et d’expression.

La grande discussion de l’après-midi, « Habiter dignement : résistances, solidarités et pratiques collectives face à la crise », a permis de réunir différentes expériences et réflexions autour de la précarisation du logement, des inégalités territoriales et des transformations urbaines. Avec Jérémy Gravayat, Marie-Hélène Bacqué, Renée-Claire Glichtzman du collectif Pas Sans Nous et Commun Maïs, les échanges ont porté sur les formes d’auto-organisation et de mobilisation collective, mais aussi sur la place des habitant·es dans les décisions qui concernent leurs lieux de vie.

Le festival s’est clôturé en musique avec un DJ set de Yoco, du groupe d’électro maghreb BAKIR, venu de Marseille et des luttes internationalistes. Tout au long de ces trois journées, les festivalier·ères ont également pu profiter des espaces permanents qui font de Champs Ouverts un lieu de vie autant qu’un festival : espace enfants, espace création du manuel de la débrouille avec Caro, espace bien-être, atelier vélo, bar, restauration, ressources et stands associatifs. Les associations invitées ont ainsi investi le jardin pour partager leurs projets, leurs pratiques et leurs ressources avec les habitant·es.

Merci à toutes les associations, collectifs et personnes invitées qui ont participé à cette nouvelle édition et contribué à faire vivre le jardin : A4, Alter nature univ’P13, ATD Quart Monde, Banlieue Rose, Black Flag Herbal Clinic, CAS20, Droit au logement, Ferme Sauvages et Cultivées, Festival Alimenterre, Fos Rasin Nou, Fun Être sur l’Île, Gaza Jozour, Ghett’up, La Bogue, La Case, Les Ami·es de la Conf, Les Poussières, Librairie La Mauvaise Graine, Manaca Aromathérapies, Reporterre, SPF Villetaneuse, Trait d’union Paris 13, Utopia 56, VRAC, Plaine Energie Citoyenne, et toutes celles et ceux qui ont pris part aux différents espaces et rendez-vous du week-end.

Un immense merci à la cantine Commun maïs pour avoir assuré les les repas tout au long du festival ! Grâce à vous, tous les festivaliers ont pu se régaler et reprendre des forces dans une ambiance conviviale. Merci pour votre engagement, votre énergie et votre générosité, qui ont largement contribué à la réussite de cet événement. On est très heureux d’avoir pu compter sur vous !

Merci également à la mairie de Villetaneuse, à Plaine Commune, au Département de Seine-Saint-Denis et à l’ensemble des partenaires et soutiens du festival.

Et surtout, merci aux bénévoles et à toutes les personnes qui ont participé à l’installation, à l’accueil, aux repas, aux ateliers, aux projections et à la vie quotidienne du jardin. C’est grâce à cette énergie collective que Champs Ouverts peut continuer à être un espace où l’on prend le temps de partager, d’apprendre les un·es des autres, de fabriquer, de débattre et de célébrer ensemble.

Champs Ouverts est avant tout une occasion d’expérimenter, de créer des liens, de faire circuler les savoirs et de mettre en dialogue des personnes, des associations et des pratiques qui œuvrent à transformer nos manières d’habiter le monde. Pendant trois jours, les jardins de Villetaneuse sont devenus tour à tour salle de cinéma, atelier à ciel ouvert, cuisine collective, espace de discussion et scène musicale.

Une nouvelle fois, le festival aura permis de faire vivre des solidarités et d’ouvrir des espaces pour penser ensemble des futurs plus justes. Prendre soin de nos corps, de nos terres et de nos quartiers, c’est continuer à faire vivre les liens qui nous unissent et à construire, ensemble, des espaces plus solidaires et plus vivants !

Rendez-vous pour la prochaine édition…

Vous pouvez retrouver également un récapitulatif en images de notre dernière édition ici: https://www.youtube.com/watch?v=1Zc8gRJDI7s

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